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Aline Velot

TROIS NOUVELLES FORÊTS
pour le climat et la biodiversité

By Actualités

FINISTÈRE

Clim’actions Bretagne a été sélectionnée dans le cadre d’un marché public pour accompagner et animer des projets de plantations citoyennes dans le pays de Brest avec Sylva Expertise pour la conception de la plantation. L’association accompagnera au total 6 communes finistériennes sur la période 2026-2027. Ce projet forestier collaboratif et territorial est réalisé grâce au soutien financier de l’Union Européenne, de la Région Bretagne, de l’ADEME, du Conseil Départemental du Finistère et du Pays de Brest.

En février, l’équipe de Clim’actions Bretagne s’est déplacée dans les trois premières communes finistériennes éligibles au projet.

Plus de 2 000 arbres ont été plantés, les 6, 12 et 13 février dernier dans les communes de Ploudiry, Lannilis et Lanrivoaré.

Les communes ont collaboré avec l’association afin de boiser des terrains communaux. Ces actions s’inscrivent dans le programme « De nouvelles forêts pour le climat et la biodiversité » porté par Clim’actions Bretagne avec un modèle innovant de plantations forestières diversifiées, locales et durables. Ce modèle répond à la fois aux défis climatiques et à la préservation de la biodiversité tout en mettant au premier plan la pédagogie et l’implication des scolaires, des citoyens et des acteurs locaux.

Des salariées de Clim’actions Bretagne, accompagnées de bénévoles, ont fait le voyage de Vannes jusqu’au Finistère, sous une pluie battante. La météo a cependant été plutôt clémente lors des journées de plantations, pour le plus grand bonheur des petits et grands.

Chaque matinée a démarré par l’accueil des enfants des écoles partenaires du projet : l’école RPI Ploudiry-La Martyre et l’école Saint-Joseph pour Ploudiry, l’école Kergroas et l’école Sacré-Cœur pour Lannilis et l’école publique de Lanrivoaré. De la toute petite section de maternelle au CM2, les enfants sont venus avec leurs bottes aux pieds et leurs sourires.

Après la préparation du terrain par les services techniques communaux, l’équipe de Clim’actions Bretagne a animé un atelier autour du rôle de l’arbre et de la forêt. Les enfants ont replacé l’arbre au cœur des enjeux climatiques, son rôle dans le cycle du carbone, le cycle de l’eau, la création d’un habitat pour des espèces animales…

Les enfants se sont ensuite équipés de bêches pour planter les jeunes arbres. Ils ont aussi protégé les plants avec des poches à huîtres déclassées fournies par les ostréiculteurs locaux afin d’empêcher chevreuils et lapins de nuire à la croissance des arbres.

Les après-midis ont été consacrés aux habitants volontaires souhaitant aider à reboiser les espaces communaux. Les adultes ont, à leur tour, mis les mains dans la terre. L’ESAT de Lesneven, les élus et des habitants ont permis la plantation des différentes essences d’arbres : chênes pubescents, chênes sessiles, charmes, tilleuls, châtaigniers,…

Ce qu’on dit les enfants !

“L’arbre c’est cool.”

“Maman, faudra dire à papa de faire un trou dans le jardin et d’acheter un arbre ! ”

“Le CO2 et l’O2, ce sont comme de supers pouvoirs pour limiter le réchauffement de la planète ?”

Des suivis après les plantations

Mais l’action de Clim’actions, des bénévoles et des habitants ne s’arrête pas là. Après avoir planté les arbres il est nécessaire de faire un suivi de la plantation.

Pour cela, dans le cadre de son programme, Clim’actions Bretagne a proposé à des habitants volontaires d’être sentinelles de la parcelle. Il leur est suggéré de revenir sur la parcelle au moins deux fois dans l’année à différentes saisons pour observer l’évolution du paysage en prenant une photo d’un même endroit et d’alerter l’association en cas de dégâts importants suite à événement climatique (sécheresse, inondations, tempête, etc…) ou à l’observation d’une végétation concurrente trop dominante. Chaque parcelle a donc bien trouvé ses sentinelles.

La suite est d’aller encore plus loin, en proposant à des entreprises locales d’être mécènes pour le programme et de nous aider à réaliser des suivis plus poussés tels que des suivis de croissance pour analyser l’état de santé des arbres et des suivis de biodiversité pour observer l’évolution de celles-ci avec l’évolution de ces nouvelles forêts.

Un grand merci à tous les participant·e·s !

RETOUR SUR LE SUIVI DE CROISSANCE
de la plantation

By Actualités

LAILLÉ

Dans le cadre du programme « De nouvelles forêts pour le climat et la biodiversité », Clim’actions Bretagne organise un suivi de croissance tous les 3 ans après la plantation afin de mesurer la croissance des arbres, le taux de reprise et quelles essences s’adaptent bien sur la parcelle. Ces relevés pourront nous permettre également de mesurer le taux de carbone absorbé par les arbres.

Ce 28 octobre 2025, nous avons accueilli une vingtaine des salariés de l’entreprise Interdigital de Rennes, quelques habitants de Laillé et bénévoles de Clim’actions Bretagne.

Pendant toute la journée, l’équipe salariée de Clim’actions Aline Velot, Juliette Le Cagnec, Léa Frémont et Jean Luc Bisch en tant qu’expert forestier bénévole à Clim’actions, ont accompagné les salariés à réaliser le suivi de croissance des 800 plants. Muni d’un crayon, d’un support papier pour relever les observations demandées (nom de l’essence planté, hauteur et diamètre de l’arbre, mort, vigoureux ou peu vigoureux, maladies constatées, état de la protection…) et d’un guide d’aide à l’identification, les salariés d’Interdigital se sont bien prêtés au jeu.

Les résultats du suivi de croissance de la plantation de Laillé du 28 octobre 2025 sont les suivants :

Sur les 800 arbres plantés, on été recensé 20% d’arbres morts, 7% des protections en mauvais état et 18% d’arbres sans protections.

Le taux de reprise de la plantation est donc de 80% et c’est une bonne nouvelle. C’est généralement la moyenne que l’on retrouve dans les plantations.

Les essences présentes en grand nombre sont les chênes sessiles (plus de 150), ensuite sont les charmes (plus de 80), les chênes pubescents (avec plus d’une cinquantaine) et en moyenne il y a une trentaine de chaque autre essence (chêne vert, pommier sauvage, poirier, érable champêtre, noisetier, prunellier, tilleul, etc.).

TRANSFORMATION DES POCHES OSTRÉICOLES
en manchon de protection pour les plantations

By Actualités

BRETAGNE

Dans le cadre de son programme « De nouvelles forêts pour la biodiversité et le climat », Clim’actions Bretagne expérimente, depuis 2022, le réemploi de poche à huîtres reconditionnées pour protéger les plants de ses plantations forestières. Pour l’association, c’est un moyen de limiter l’usage du plastique et d’utiliser des ressources locales.

Les professionnels forestiers, sur leurs plantations forestières, protègent les jeunes plants avec un manchon en plastique et deux piquets pour maintenir la protection. Ces manchons en maille plastique (Polyéthylène) ont un effet dissuasif auprès des animaux de toutes tailles notamment des chevreuils qui raffolent des jeunes pousses. S’ils ne sont pas évacués, ces manchons se désagrègent au fil du temps, laissant cette matière plastique en pleine nature.

L’utilisation de poches à huîtres usagées présente plusieurs intérêts socio-économiques et environnementaux :

  • Comme cela est maintenant bien documenté, la pollution marine ou terrestre par le plastique est un énorme problème environnemental : une double vie pour les poches ostréicoles est un excellent moyen de réduire la consommation globale de plastique et donc la quantité potentielle de plastique dans la nature.
  • Le recyclage des poches à huîtres pour un second usage en appui à une activité d’adaptation et de lutte contre le changement climatique (les plantations) est un véritable atout en matière de RSE pour les ostréiculteurs.
  • Cette nouvelle filière est une excellente occasion pour concrétiser le dialogue et le lien entre des activités économiques a priori très éloignées ; c’est un exemple concret de l’intérêt de trouver des coopérations en appui à la transition écologique.

L’empreinte CO2 et énergétique des plantations est à priori minimisée.

Aujourd’hui, sur dix parcelles du programme « De nouvelles forêts pour la biodiversité et le climat », 8 000 plants sont protégés à l’aide de poches à huîtres recyclées, fournies par des ostréiculteurs bretons.

Le temps de collecte et de tri des poches est conséquent. Il faut récupérer des poches non trouées et bien les regrouper pour faciliter la découpe de la partie fermée.

La découpe des poches doit être étudiée (s’équiper de bons outils, bien se protéger, découper plusieurs poches en même temps, récupérer les copeaux plastiques…). Il est préférable de bien protéger l’intérieur du véhicule de transport des poches usagées.

Clim’actions Bretagne, adhérente de la CRESS (Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire) partage les valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire. À ce titre, et quand cela est possible financièrement, l’association passe des commandes pour le reconditionnement des poches à huîtres usagées à Neo 56 (structure de l’insertion par l’emploi – iAE) et Acsomur (entreprise à but d’emploi). Le montant du reconditionnement est de 1€30 par poche.

Les piquets sont en bois de châtaignier breton achetés dans des scieries bretonnes. La résistance des piquets pour éviter la casse est importante car les poches à huîtres sont plus lourdes que les manchons classiques. Le montant d’un seul piquet est de 1€30. Il en faut deux pour installer une poche.

La poche à huîtres reconditionnée, bien plus solide et plus rigide en comparaison avec un manchon classique, nécessite plus de temps pour son installation. En revanche, l’agrafage n’est plus utile. Cette absence d’agrafe facilite aussi l’entretien au pied des plants à l’intérieur de la protection.

Découvrez quelques exemples d’utilisation de poches à huîtres recyclées sur nos plantations :

Passer de l’expérimentation au déploiement

Notre association souhaite transformer les retours d’expérience du terrain en leviers concrets d’adaptation
 et d’amélioration continue. Nous allons donc poursuivre le suivi des plantations et veiller à ce que les protections ne deviennent pas, à leur tour, des déchets plastiques sur la parcelle.

Un sujet est à approfondir : quels sont les réels impacts des poches à huîtres en terme de pollution par les micro plastiques ? Cette question qui vaut aussi pour les manchons plastiques classiques mérite sans doute d’être posée à des laboratoires compétents.