BRETAGNE

Dans le cadre de son programme « De nouvelles forêts pour la biodiversité et le climat », Clim’actions Bretagne expérimente, depuis 2022, le réemploi de poche à huîtres reconditionnées pour protéger les plants de ses plantations forestières. Pour l’association, c’est un moyen de limiter l’usage du plastique et d’utiliser des ressources locales.

Les professionnels forestiers, sur leurs plantations forestières, protègent les jeunes plants avec un manchon en plastique et deux piquets pour maintenir la protection. Ces manchons en maille plastique (Polyéthylène) ont un effet dissuasif auprès des animaux de toutes tailles notamment des chevreuils qui raffolent des jeunes pousses. S’ils ne sont pas évacués, ces manchons se désagrègent au fil du temps, laissant cette matière plastique en pleine nature.

L’utilisation de poches à huîtres usagées présente plusieurs intérêts socio-économiques et environnementaux :

  • Comme cela est maintenant bien documenté, la pollution marine ou terrestre par le plastique est un énorme problème environnemental : une double vie pour les poches ostréicoles est un excellent moyen de réduire la consommation globale de plastique et donc la quantité potentielle de plastique dans la nature.
  • Le recyclage des poches à huîtres pour un second usage en appui à une activité d’adaptation et de lutte contre le changement climatique (les plantations) est un véritable atout en matière de RSE pour les ostréiculteurs.
  • Cette nouvelle filière est une excellente occasion pour concrétiser le dialogue et le lien entre des activités économiques a priori très éloignées ; c’est un exemple concret de l’intérêt de trouver des coopérations en appui à la transition écologique.

L’empreinte CO2 et énergétique des plantations est à priori minimisée.

Aujourd’hui, sur dix parcelles du programme « De nouvelles forêts pour la biodiversité et le climat », 8 000 plants sont protégés à l’aide de poches à huîtres recyclées, fournies par des ostréiculteurs bretons.

Le temps de collecte et de tri des poches est conséquent. Il faut récupérer des poches non trouées et bien les regrouper pour faciliter la découpe de la partie fermée.

La découpe des poches doit être étudiée (s’équiper de bons outils, bien se protéger, découper plusieurs poches en même temps, récupérer les copeaux plastiques…). Il est préférable de bien protéger l’intérieur du véhicule de transport des poches usagées.

Clim’actions Bretagne, adhérente de la CRESS (Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire) partage les valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire. À ce titre, et quand cela est possible financièrement, l’association passe des commandes pour le reconditionnement des poches à huîtres usagées à Neo 56 (structure de l’insertion par l’emploi – iAE) et Acsomur (entreprise à but d’emploi). Le montant du reconditionnement est de 1€30 par poche.

Les piquets sont en bois de châtaignier breton achetés dans des scieries bretonnes. La résistance des piquets pour éviter la casse est importante car les poches à huîtres sont plus lourdes que les manchons classiques. Le montant d’un seul piquet est de 1€30. Il en faut deux pour installer une poche.

La poche à huîtres reconditionnée, bien plus solide et plus rigide en comparaison avec un manchon classique, nécessite plus de temps pour son installation. En revanche, l’agrafage n’est plus utile. Cette absence d’agrafe facilite aussi l’entretien au pied des plants à l’intérieur de la protection.

Découvrez quelques exemples d’utilisation de poches à huîtres recyclées sur nos plantations :

Passer de l’expérimentation au déploiement

Notre association souhaite transformer les retours d’expérience du terrain en leviers concrets d’adaptation
 et d’amélioration continue. Nous allons donc poursuivre le suivi des plantations et veiller à ce que les protections ne deviennent pas, à leur tour, des déchets plastiques sur la parcelle.

Un sujet est à approfondir : quels sont les réels impacts des poches à huîtres en terme de pollution par les micro plastiques ? Cette question qui vaut aussi pour les manchons plastiques classiques mérite sans doute d’être posée à des laboratoires compétents.